lundi 19 février 2018

A la Réunion, la "crise requin" sème la discorde.

La Réunion est une île tropicale montagneuse dont les côtes escarpées possèdent un récif corallien de près de 40 km entouré de fonds qui descendent très rapidement. Autant de composantes qui font du littoral réunionnais un milieu favorable aux squales. Les attaques de requins sur le littoral réunionnais remontent à loin, (1) un des caps de l'île était d'ailleurs surnommé le "cap requin" par les anciens. Depuis février 2011, la recrudescence des attaques de requins sur les 30 km de la côte ouest très touristique, plonge l'île dans une situation de crise.  Avec plus d'une vingtaine d'attaques dont neuf mortelles en 6 ans, l'île possède un "risque requin" parmi les plus élevés du monde (avec les États-Unis, l'Australie et l'Afrique du Sud).  
Les accidents impliquant les squales plongent l'île dans une situation d'instabilité durable débouchant sur une crise à la fois économique, sociale et politique.

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Requin bouledogue (wikimedia Common)
 * Le requin à la Réunion: un familier devenu intrus.
Dans les années 1980, les articles de la presse quotidienne régionale évoquent la mer comme "le territoire du requin" dont les attaques répondent aux incursions humaines sur son territoire. Au cours de la décennie, on déplore cinq assauts dont un fatal. (2) Or, même au lendemain de l'attaque mortelle dont est victime un jeune surfeur en 1989, "le risque reste perçu comme marginal et acceptable, car les attaques concernent des activités risquées, pratiquées en pleine mer et résultent d'imprudences patentes." (source A: Surmont p76)
La décennie 1990 s'avère particulièrement meurtrière avec 16 attaques dont dix mortelles. Dès lors les médias locaux relaient les inquiétudes des habitants dont certains déplorent les défaillances de la sécurité publique. Au moment où la Réunion commence à s'imposer sur le marché mondial du tourisme, l'éventualité d'une attaque de squale sur les plages très fréquentées de l'ouest ne laisse pas d'inquiéter. Les perspectives économiques engendrées par la manne touristique contribuent déjà à modifier la perception du requin au large des côtes. "Une véritable demande de gestion commence à se structurer dans l'opinion publique, alors que de plus en plus de jeunes pratiquent des activités balnéaires. Désormais la présence du requin est perçue comme plus inquiétante et anormale." (source A. Surmont p76)
Au cours des années 2000, les attaques se raréfient (8 au total dont une mortelle). Les requins se font plus discrets. L'oubli du risque s'installe dans un contexte d'essor balnéaire et de développement des activités nautiques. (3) En outre, jusqu'en 2000, les attaques se concentrent sur la côte au vent et dans le Sud peu aménagé, dans des espaces identifiés comme « à risque ». Au contraire, la côte ouest très fréquentée apparaît comme "sûre".
 Le choc provoqué par l'amplitude inédite prise par les attaques au cours de la seule année 2011 n'en est que plus brutal. A sept reprises dont deux fatales, les squales frappent et presque toujours sur le littoral ouest, désormais ultra-touristique. L'année 2011 constitue donc "le moment pivot qui fait basculer le risque socialement accepté, 'ordinaire', en un risque inacceptable, 'absolu'." (Source A. Surmont p76)

Évolution des attaques de requins à la Réunion. (Wikimedia Common)

* La "crise requin".
A partir de 2011, les attaques suscitent un écho considérable. Les médias locaux puis nationaux évoquent désormais une "crise requin". "Si ces accidents restent marginaux  rapportés au nombre de personnes fréquentant de manière croissantes les bords de mer, leur traitement médiatique laisse transparaître  une peur réelle." (Source A: Surmont)
La présence du requin met en présence des acteurs dont les représentations et les intérêts divergent profondément, ce qui crée une instabilité sociale et attise les antagonismes. 
Face à la récurrence des assauts mortels, des groupes de surfeurs et d'usagers de la mer s'organisent en associations (Océan Prévention Réunion, Prévention Requin Réunion, Protégez nos enfants...)Très présents dans les médias, ils dénoncent l'impéritie des autorités dans la gestion de crise, réfutent les arguments de leurs adversaires (écologistes, scientifiques) et se posent en "lanceurs d'alerte". (4) Ils considèrent le "risque requin" comme un problème de santé publique susceptible de concerner l'ensemble des usagers de la mer, y compris les baigneurs, et par extension l'ensemble de l'île, menacée dans son principal secteur économique: le tourisme. Selon eux, les requins sont en surnombre et anormalement agressifs. Le squale représente une "invasion biologique" du milieu, un danger global dont il faut se prémunir grâce à des mesures radicales, en l'occurrence des campagnes de pêche systématiques. Les squales seraient en surnombre et anormalement agressifs.
Au contraire, les associations écologistes réclament le respect de la zone marine protégée et s'opposent à toute forme de pêche. Réfutant à leur tour les arguments avancés par leurs adversaires, ils fustigent la prétention égoïste de certains surfeurs à éliminer un animal de son environnement naturel.
Les scientifiques, quant à eux, s'efforcent de mener à bien leurs enquêtes. Or, leurs conclusions, jugées partiales et orientées lorsqu'elles ne vont pas dans le sens des uns ou des autres, sont fréquemment remises en cause.

La crise requin a un dimension économique indéniable en ce qu'elle menace l'activité touristique. Chaque nouvel accident impliquant le requin entraîne une psychose, chaque alerte vide les plages (hors lagon), effraie les touristes potentiels, menace les activités nautiques, les commerces du bord de mer, et tous les emplois induits.

La difficile gestion de la "crise requin" souligne enfin la dimension politique de la situation. Lorsque les attaques de requins se multiplient en 2011, les autorités ne paraissent pas prendre l'ampleur du phénomène. Multipliant les réponses dilatoires, elles se voient reprocher de pratiquer la politique de l'autruche depuis de trop longues années. La succession des préfets (quatre en 6 ans) combinée à la multiplication des instances de décisions ont compliqué encore l'adoption de mesures d'ensemble cohérentes.
Enfin, les arrêtés préfectoraux ou municipaux "interdisant la mer" aux activités nautiques en dehors de quelques zones protégées, sont perçus par certains "comme une fuite et un renoncement, un moyen (...) de ne pas se confronter à la question de la gestion."(Source A: Surmont p76)
Parce qu'elle remet en cause une certaine idée du vivre ensemble, la "crise requin" met à mal la concorde et la coexistence entre les différentes populations de l'île. Le consensus explose et fait resurgir des stéréotypes tenaces: le surf et les activités nautiques seraient les loisirs des "Zoreilles" (les "métros" venus de l'hexagone) quand les Créoles se méfieraient des dangers du littoral. Les moyens financiers importants engagés dans la réduction du "risque requin" font alors grincer des dents. En concentrant toute l'attention et les moyens, la "crise requin" contribuerait à passer sous silence les difficultés sociales d'une grande partie de la population (42% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté en 2016).

Répartition des attaques (Wiki Common)
* Pourquoi? 
Des tas de raisons sont avancées par les uns et les autres pour expliquer la recrudescence des attaques de squales. 
- Depuis 2007, une réserve marine couvre 20km de récifs correspondant au zones dévolues aux loisirs balnéaires. Cette aire de 3500 ha vise à protéger plusieurs sortes de coraux, ainsi que des centaines d'espèces animales. Les activités humaines y sont autorisées, sauf dans 5 petits sanctuaires. Depuis 2011, la plupart des attaques ont eu lieu dans cet espace plus ou moins protégé. Pour les associations de surfeurs, les élus locaux et d'autres usagers, la réserve servirait de garde manger aux requins. Pour les scientifiques au contraire, la quantité de poissons au sein de cet espace demeure trop faible pour nourrir les squales.
Certains accusaient également les élevages de poissons dans des cages aquacoles installées sur la réserve marine. Cette concentration de poissons aurait attiré les requins. Pour s'en assurer, des cages furent filmées pendant un mois par des caméras. Un petit groupe de requins fut identifié sans qu'isl ne manifestent pour autant un intérêt particulier pour les poissons captifs. Le démantèlement de ces cages n'a d'ailleurs pas mis un terme aux assauts des requins.
- En contribuant à attirer les petits poissons, la pose de récifs artificiels en 2012 aurait pu contribuer à la concentration et la sédentarisation des requins côtiers. L'observation des squales par des stations d'écoute sous-marine ne montre cependant pas d'activité particulière des requins sur les récifs artificiels.
- La surpêche des requins de récifs aurait accéléré la disparition de ces espèces, laissant une niche écologique aux requins tigres et bouledogues. Ces deux espèces seraient également attirées sur les côtes en raison de la raréfaction du poisson en haute mer.
- De même l'interdiction préfectorale de la commercialisation de la viande de requins en raison de la présence de la ciguatera (une algue qui rend la viande des poissons toxiques), a mis un terme à la pêche commerciale. Ceci aurait favorisé la recrudescence des requins.
- Le rejet des eaux usées qui accompagne l’urbanisation associé au "transfert" des eaux de l'est vers l'ouest contribueraient à accroître le ruissellement de l'eau douce vers l'océan dont elle accentuerait en outre la turbidité des eaux. Opportuniste, le requin bouledogue s'épanouit justement dans une eau saumâtre très teintée. 
En l'absence d'études scientifiques poussées, les certitudes manquent. Quoi qu'il en soit, la pression humaine, la littoralisation des activités et de l'habitat sur la côte ouest de l'île multiplient les risques de rencontres entre l'Homme et le requin, donc les accidents.


Panneau de sensibilisation (Wikimedia Common)
Les différentes mesures de réduction du risque.
Plusieurs dispositifs de préventions ont vu le jour ces dernières années.  Un centre de ressources et d'appui de la réduction du risque requin est crée. Dans ce cadre, les agents des Centres Régionaux de Surveillance et de Sauvetage (CROSS) de la Réunion collectent les signalements de squales sur les côtes. Les informations recueillies permettent d'alimenter un site internet (info-requin.re) destiné au public. 
- Afin de mieux connaître le comportement des requins et de s'en protéger, le programme de « Connaissances de l’écologie et de l’HAbitat de deux espèces de Requins Côtiers » (Charc) est mené entre 2011 et 2015. Dans ce cadre, une centaine de requins (tigres et bouledogues) ont été capturés et marqués, puis suivis via des stations d'écoute sous-marine. (5) Les résultats de cette étude ont permis de mieux connaître le mode de vie des bouledogues, une espèce jusque là relativement méconnue bien qu'elle semble impliquée dans la plupart des accidents. Avec ses mâchoires puissantes, le bouledogue sectionne ses proies et leur laisse peu de chances. Capable de nager très loin en mer, il semble se rapprocher des côtes en quête de nourriture, particulièrement en fin de journée, de mars à juin.
- De son côté, la ligue de surf a mis en place des vigies requins, soit un système de surveillance des spots par des apnéistes assistés de drones et d'équipages en zodiaque. A la différence d'autres solutions très clivantes (captures), le projet "Vigie Requin" semble accepté de tous. Il reste toutefois réservé aux entraînements de la Ligue de surf.
- Sur les rivages, une signalétique spécifique se met en place. Un drapeau orange signifie qu'un requin a été observé quelques jours auparavant. Le drapeau rouge interdit la baignade.

La protection passe par la pose de filets anti-requin sur les plages les plus fréquentées. Le coût exorbitant de tels engins et le fait qu'ils emprisonnent entre leurs mailles des espèces protégées telles que les dauphins ou les tortues, suscitent la réprobation des associations écologistes. De nouveaux filets, plus petits, résistants mieux à la houle et plus sélectifs, protègent désormais la plage de Boucan Canot et le spot de surf des Roches Noires. Plus sophistiqués, des dispositifs utilisant des barrières électromagnétiques sont testés, sans que leur efficacité ne soit pour l'instant établie.
Des associations de surfers militent pour une intensification de la pêche du requin. Depuis 2013, le projet Cap Requin vise à réguler les populations de requins dans l'ouest de la Réunion avec l'installation de drumlines au large des côtes. Constituée d'une ligne verticale fixe comportant un seul hameçon et un seul appât, elles permettent la pêche sélective des requins. Les animaux capturés sont alors marqués ou prélevés. Reste que pour les associations écologistes, en appâtant ainsi, on attire les requins près des côtes.

* Vers de nouvelles pratique?
Sur les plages, une surveillance plus importante est mise en place pour rassurer les usagers.
Les arrêtés préfectoraux et municipaux interdisent les activités nautiques hors des zones surveillées. Ainsi l'arrêté préfectoral du 8 février 2017 "restreint certaines activités (la baignade et les activités nautiques utilisant la force motrice des vagues) dans la bande des 300 mètres. Ces activités peuvent toutefois se pratiquer dans : le lagon, les espaces aménagés et surveillés hors lagons."  
Baigneurs et touristes délaissent les plages ouvertes sur l'océan (Boucan Canot ou l’Étang Salé) au profit du lagon corallien dans lequel les grands requins ne s'aventurent pas. 
Pour assurer leur sécurité, les surfeurs changent leurs habitudes. Les fortes pluies qui teintent l'eau accroissent les risques, aussi beaucoup préfèrent surfer en groupes lorsque l'eau est claire, les vagues pas trop grosses, à des horaires jugées sûrs, si possible avec l'appui de vigies. 
Réclamant plus d'empathie pour un être vivant que pour un animal et considérant qu'ils n'ont pas à changer leur mode de vie, quelques irréductibles continuent néanmoins de glisser hors des zones sécurisées malgré les interdictions préfectorales. Pour Max Grall, gérant d'une entreprise de plongée, "certains surfeurs sont conscients des risques mais une minorité gueule sans arrêt. Si je fais de la moto en short et que je chute, je ne vais pas porter plainte contre la direction de l’équipement". (source E: Pierre Sorgue)
La crise résulte ainsi de profondes transformations liées à l'évolution de la perception du risque.
"The Jaws" (Wikimedia Common)
 
* Impact médiatique.
Le fort impact médiatique des attaques de requin s’explique par leur dimension spectaculaire qui fait presque toujours intervenir des images violentes et mobilise un imaginaire monstrueux. "La représentation sociale du risque requin est donc étroitement liée à l’affectif et au symbolique. Il s’agit en effet, dans le cas des attaques de requin, de gérer un « aléa » naturel très particulier, car vivant." (source B: Surmont
La peur primale qu'inspire souvent le requin explique sans doute qu'il soit considéré comme un des plus redoutables tueurs d'hommes. En réalité, et sans vouloir minimiser ici le traumatisme que constitue une attaque de squale, le requin fait figure de "petit tueur" d'hommes si on compare les décès liés à ses attaques aux morts provoquées par celles des crocodiles, hippopotames ou autres. Parce qu'elle transmet une maladie, la piqûre du moustique peut tuer, mais de manière indirecte et retardée quand l'assaut d'un squale entraîne une mort quasi-immédiate et brutale.
Prédateur redoutable, frappant par surprise, le requin ne laisse que peu de chances à ceux qui croisent sa route. Bien qu'invisible, la menace qu'il fait peser sur les amateurs de sports nautiques alimente une peur latente, bien réelle. La dimension spectaculaire des blessures infligées (membres arrachés, hémorragies importantes, etc.) contribue encore au choc émotionnel, laissant à chaque fois aux témoins des images bouleversantes.

 

La culture populaire contribue également à entretenir la psychose d'un requin qui hante nos imaginaires. En 1975, Steven Spielberg réalise son deuxième long métrage intitulé les "Dents de la mer". Depuis lors on ne peut s'empêcher de s'y référer lorsqu'on évoque les requins ou d'entendre dans notre tête la musique de John Williams. L'histoire se déroule dans une station balnéaire d'une petite île à l'ouverture de la saison estivale. Venu de New York, le tout nouveau shérif pense avoir trouver la planque idéale. Il se trompe. La violence surgit, elle vient de la mer. (6) Le film s'appuie sur le récit que Peter Benchley fit dans son livre éponyme (en 1974) des attaques meurtrières perpétrées par les requins sur les côtes du New Jersey en 1916. Le scénario s'inspire également du récit d'un survivant de l'USS Indianapolis coulé en 1945 par un sous-marin japonais. L'auteur y témoignait de la disparition de ses camarades d'infortune dans la gueule des requins. 
Pour effrayer le spectateur, le réalisateur fait construire trois faux animaux gigantesques, des maquettes animées de 7 mètres de long. Lors du tournage des scènes sous-marines, les vrais requins apparaissant bien plus petits que les factices, Spielberg doit remplacer ses comédiens par des doublures de petite taille (1m45 pour la doublure de Dreyfus). Autre souci, le requin mécanique enchaîne les pannes obligeant le réalisateur à limiter sa présence à l'écran. Le requin nous voit, nous ne le voyons pas et nous sommes dans son environnement, à sa merci. C'est de là que naît l'angoisse et surtout de la musique cultissime de John Williams auquel il suffit de deux notes jouées et répétées à l'envi pour susciter l'angoisse. Un véritable coup de génie. Le spectateur se raidit sur son siège dès que retentit ce Mi-Fa insidieux, "incarnation terrifiante du requin qui n'apparait pas à l'image." (source H). Ce thème angoissant vaudra à Williams un Oscar.

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Les attaques de requins à la Réunion sont, elles, bien réelles. Au fond, la présence du requin soulève un enjeu crucial. Quel  usage fait-on de la nature? Doit-on envisager avant tout la mer comme un espace de distraction ou au contraire comme une ressource à préserver coûte que coûte? Quoi qu'il en soit, à la Réunion, le traumatisme que constitue chaque attaque est encore renforcé par la petitesse du territoire et la faiblesse relative de la population (850 000 habitants). Les victimes y sont souvent des connaissances et non des statistiques anonymes. 

 Notes:
1. Déjà en 1770, le chirurgien du roi mentionnait un matelot blessé par un requin. Pendant très longtemps, les Réunionnais considérèrent l'animal comme une créature ayant " de tout temps" croisé dans les eaux côtières insulaires. Le risque, considéré comme inévitable, était alors accepté. Il est vrai que les déprédations des squales restaient sporadiques.
2. deux sur des chasseurs sous-marin, une sur un pêcheur et deux sur des surfeurs. Le système semble toutefois peu efficace car les filets, très onéreux, se dégradent vite sous l'action de la houle australe.
3. Les activités de glisse sur le littoral occidental connaissent un développement exceptionnel. La plage de Boucan Canot acquiert alors une belle réputation, entre autres pour le surf, et s'impose comme la plage la plus touristique de la Réunion avec les Roches Noires.
4. Ils constituent aussi un important groupe de pression auprès des politiques, dans la mesure où ils représentent une frange relativement aisée de la population.
5. Ce programme est financé (700 000 euros) par l'Union européenne, le Conseil Régional de la Réunion et l'Etat. 
6. L'hypothèse du requin serial killer, un seul requin semant la terreur sur les plages a été envisagée à la Réunion, les scientifiques parlant à son propos de "requin déviant" qui aurait changé son régime alimentaire pour dévorer de l'humain. Deux femelles baptisées Estelle et Fanny présentes lors des attaques furent suspectées.  

Sources:
A. Emmanuelle Surmont: "La 'crise requin' à la Réunion (2011-2017), généalogie d'une construction sociale", in Historiens et Géographes n°439, p75-77, juillet-août 2017.
B. Emmanuelle Surmont: "Peur sur les plages. Du "risque requin" à la "crise requin" à la Réunion." [Géoconfluence]
C. François Taglioni et Sébastien Guiltat: "Le risque d'attaques de requins à la Réunion" [EchoGéo]
D. Les Cafés Géo: "Comment faire cohabiter hommes et requins à l'île de la Réunion?"
E. Pierre Sorgue: "Les requins déchirent la Réunion", in M Le Monde.
F. "Psychose à la Réunion", dans l'émission Affaires sensibles de France Inter du 22 septembre 2017.
G. "Enquêtes sur les attaques de requins à la Réunion" dans l'émission de France Inter le Temps d'un bivouac du 18 août 2014.

H. "Les 5 thèmes inoubliables de John Williams pour Steven Spielberg" [Télérama] 

Liens:
- "L'île au requin", carnet de voyage d'envoyé spécial.
- "Comment la 'crise requin' à La Réunion s'est transformée en une crise identitaire?" [Slate].
- Le site www.info-requin.re développé par les services de l'Etat.
- John Williams: "les dents de la mer" (cadenceinfo.com)
- Anne Le Berre: "Organiser un jeu de rôle en classe sur 'la crise requin' à la Réunion" [Géoconfluence]

lundi 5 février 2018

Bertrand Burgalat: "diagonale du vide" (2017)

On a longtemps évoqué la « diagonale du vide » à propos d'un vaste territoire peu densément peuplé s'étendant des Ardennes aux Pyrénées en passant par le Massif Central. Le succès de cette "diagonale" à l'origine incertaine, témoigne de l'importance accordée très tôt à la question du dépeuplement de régions françaises par les pouvoirs publics et une partie de l'opinion.
Cette dénomination s'avère aujourd’hui obsolète tant les situations de ces territoires peu peuplés sont diverses. 

* "Une bande de territoires à faible densité"
Dès le dernier quart du XIXe siècle, la dénatalité inquiète. Le congrès de la Société des Géographes Français en 1884 a déjà pour thème la dépopulation et la stérilisation de vastes espaces. Or, ces préoccupations s'inscrivent dans la durée. Au sortir de la seconde guerre mondiale, J.F. Gravier s'inquiète de la répartition déséquilibrée des hommes et de leurs activités dans "Paris et le désert français" (1947). Au cœur des Trente Glorieuses, l'exode rural que connaissent un certain nombre de campagnes françaises entretient un discours anxiogène de la part des géographes comme des politiques. La désertification à l’œuvre entraînerait une dégradation définitive de la végétation et des sols de territoires d'où la vie sociale aurait disparu (théories de « seuil de sociabilité »). Les premières fermetures de services publics dans les régions "désertées" accentuent les craintes, incitant les pouvoirs publics à porter leur attention à ces espaces dans le cadre de la politique d'aménagement du territoire. C'est dans ce contexte que s'inscrit la popularité de la "diagonale du vide", dernier avatar de la "France des diagonales". (1)

L'origine de l'expression demeure obscure. Elle pourrait dériver d'un ouvrage publié par le géographe René Béteille, la France du vide, en 1981.  L'auteur définissait par ce terme une France des faibles densités, à dominante rurale.
Facile à mémoriser, l'expression se diffuse alors très largement dans les plans d'aménagements du territoire, les discours des hommes politiques, les médias et les manuels de géographie du secondaire. La "diagonale du vide" ainsi identifiée prend en écharpe la France du Nord-est au Sud-ouest en reliant une succession de territoires dissemblables. Depuis la forêt des Ardennes, cette bande de terre traverse la Champagne, les confins de l'Orléanais (Sologne, Gâtinais) et de la Bourgogne (Puisaye, Sancerrois, Morvan), le Berry, le Bourbonnais, une partie du Massif Central (Marche, Combrailles, Xaintrie, Rouergue, Lozère), le Quercy, le Périgord, les  Landes de Gascogne, jusqu'aux Pyrénées.

Carte réalisée par F. Sauzeau à retrouver ici.
* Comment expliquer l'abandon d'une expression longtemps si familière?
- Une des principales limites ou faiblesses de cette dénomination est qu'elle laisse supposer une relative unité ou cohérence à cette diagonale, or il n'en est rien. Si ces espaces sont peu peuplés, leurs dynamiques sont très variables. Certains territoires situés à proximité des grandes aires urbaines jouissent d'un grand dynamisme et semblent bien intégrés à la mondialisation, quand d’autres souffrent d'un fort enclavement et appartiennent à la France des marges. Les activités agricoles, par exemple, y restent souvent très présentes, mais elles diffèrent profondément d'un territoire à l'autre. Ainsi, les espaces céréaliers à très hauts rendements du bassin parisien (Brie, Beauce) ou les riches régions viticoles très spécialisées (Champagne), parfaitement intégrés à la mondialisation grâce à leurs productions agricoles renommées, n'ont que peu à voir avec les zones de polyculture extensive de moyenne montagne (Marche, Rouergue), peu rentables et faiblement intégrées.
- D'autre part, la diagonale englobe des agglomérations importantes telles que Reims ou Limoges - sans parler de Toulouse - dont les aires urbaines disposent de services de haut niveau (universités, CHU) et de densités non négligeables. 
- Des territoires de faible densité existent ailleurs que dans ladite diagonale, que l'on songe à l'intérieur breton, aux collines de la Manche, de l'Orne, au Perche, ou aux intérieurs montagnards  de Corse et d'outre-mer...
- Surtout cet espace n'est pas vide, car le "vide" c'est le rien... Or, les zones de faibles densités  restent habitées, exploitées.
> Récusant le vocabulaire catastrophiste des "prophètes de la désertification", un certain nombre de géographes cherchent à contrer le discours alarmiste sur la France du vide. Dans ces conditions, l’expression de « diagonale du vide » est progressivement remplacée par celle de diagonale des faibles densités, plus neutre. 

* Les atouts territoriaux de ces espaces peu peuplés.
L'exode rural a pris fin depuis le début des années 1970 comme en attestent les chiffres de l'INSEE. Désormais, certains des territoires de la diagonale profitent d'un renouveau avec des installations résidentielles plus nombreuses, diffuses, variées. (2
Dans les campagnes à proximité des grandes aires urbaines (Toulouse), les arrivées dépassent désormais largement les départs, ce qui contribue parfois au retour de l'excédent naturel. Ainsi, sans le sud-ouest, " la diagonale s'interrompt autour de Toulouse et tout au long de la Garonne." [Source D: Milhaud p 11]
Ces campagnes en renouveau bénéficient d'un certains nombre d'atouts. 
- La qualité de vie y attire des néo-ruraux en quête d'un autre de mode vie. La proximité des grandes villes ou/et une situation climatique favorable (héliotropisme) favorise(nt) les dynamiques résidentielles comme en Sologne ou dans le sud-ouest par exemple. (3
- Le renouveau économique peut s'appuyer sur la relance d'activités agricoles basées sur les produits de qualité et de proximité ou encore sur l'attractivité touristique indéniable de certains territoires méridionaux de la diagonale (Cévennes).
Ce renversement tient non seulement à des aspirations nouvelles chez les Français, mais aussi à des politiques publiques incitatives.

* "Aucune ville aux environs"
Ce renversement de tendance n'a toutefois rien de général. De nombreux cantons dans cette diagonale des faibles densités se trouvent en déprise et connaissent un déclin de population important et continu. Comme le souligne O. Milhaud, là où "les centralités urbaines sont trop petites ou trop éloignées, loin des littoraux ou des grands axes de transport, les campagnes stagnent, voire se dépeuplent, ce qui est particulièrement net dans les régions en difficulté du Nord-Est et du Centre de la France." [Source D: Milhaud p 11] Le dépeuplement relatif du Nord-Est s'explique avant tout par un solde migratoire négatif (Haute-Marne, Ardennes).
Pont de Sénoueix (Creuse) [Wiki C.]

La dépopulation de la zone centrale est surtout liée à un solde naturel négatif (Creuse, Allier, Nièvre, Cantal). Surreprésentée, la population âgée y meurt progressivement et le nombre de nouveaux arrivants susceptibles de faire des enfants ne suffit pas à la remplacer. L'atonie économique générale de ces espaces n'offre que peu de perspectives d'emplois susceptibles d'attirer des actifs. A ces facteurs viennent parfois s'ajouter des contraintes naturelles importantes (enneigement, relief) qui renforcent l'enclavement de territoires de plus en plus en marge. C'est le cas d'une grande partie du Massif Central, sorte de "marge interne au cœur du pays, pôle répulsif, sorte de double inversé du Bassin parisien: relief contraignant et fragmenté, sols pauvres, faiblesse des villes [...] et des activités, désertification, etc."  En dépit des politiques défendues par les présidents de la République qui en avaient été élus (VGE, Chirac, Hollande), "le massif regroupe aujourd'hui les régions parmi les moins peuplées et moins productives de France." [source D: Milhaud p 9]

Devenus répulsifs, ces territoires assistent au lent délitement de leur tissu économique. Dans, les petites villes, le petit commerce de proximité périclite, tandis que ne subsistent souvent qu'un supermarché. La fermeture des petites ou moyennes unités industrielles qui subsistaient encore plongent les populations concernées dans des situations catastrophiques (disparition des industries traditionnelles dans le nord-est).
La prise en charge sociale des populations pose d'ores et déjà de véritables difficultés et la gestion de ces espaces constitue une vraie gageure tant les défis à relever paraissent importants. La déprise pose le problème de la gestion de l'environnement et des paysages, de la voirie, mais aussi de l'accessibilité aux services pour les habitants.  Ces dernières décennies, de nombreux services publics et privé ont fermé dans les territoires peu peuplés: écoles, postes, transports... La proportion importante de personnes âgées rend d'autant plus épineuse la question de la prise en charge des malades ou des personnes dépendantes dans les déserts médicaux que risquent de devenir certains de ces espaces.
Plateau de Millevaches, Corrèze, France. By Avocat jean (Own work) [CC BY-SA 4.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)], via Wikimedia Commons.

* Hyper-ruralité.
Dans un rapport de 2014, le sénateur Alain Bernard identifie une France "hyper-rurale" dont il propose la définition suivante: "26 % du territoire accueillent seulement 5,4% de la population française et se distinguent, outre la faible densité de population, par le vieillissement, l'enclavement, les faibles ressources financières, le manque d'équipement et de services, le manque de perspectives, la difficulté à faire aboutir l'initiative publique ou privée, l'éloignement et l"isolement sous toutes ses formes. En un mot: un entassement de handicaps naturels ou créés."
Selon l'élu, "l'hyper-ruralité" posséderait pourtant de solides atouts, mal exploités: "Largement dotés en termes de patrimoine naturel, paysager, historique, culturel… de qualité (...), les territoires hyper-ruraux disposent d’un potentiel majeur en termes de ressourcement et d’aménités devenu indispensable à la vie citadine, donc à la réussite de la métropolisation elle-même." Dans cette optique, le sénateur Bernard souhaiterait que soit lancé un "pacte national" afin de "restaurer l'égalité républicaine". La ruralité est pourtant bien défendue au niveau politique, en particulier par les sénateurs. Depuis 1995, les aides publiques soutiennent les projets de développement économique dans les Zones de revitalisation rurale (ZRR), les plus fragiles. Les entreprises qui y sont implantées peuvent bénéficier d'avantages fiscaux, notamment lors de leur création.

Pour contrer le processus de désertification, d'autres dispositifs existent tels que l'aide à l'installation de médecins dans des maisons de santé ou le regroupement d'écoles afin d'éviter leur disparition complète. "Dans le cadre des contrats de ruralité, les faibles densités apparaissent moins comme des handicaps que comme des vecteurs d'innovation rurale aptes à promouvoir le télétravail (4), les énergies renouvelables [comme les fermes éoliennes très décriées], l'agrotourisme ou la valorisation patrimoniale." [Source D: O. Milhaud p11]
Toujours dominées par un prisme urbain, les représentations sociales des espaces de faible densité ne cessent d'évoluer. Longtemps considérées comme des "trous en surfaces" peuplées de ploucs arriérés, les campagnes perçues comme les plus sauvages et préservées, séduisent désormais  toute une population de sportifs et de touristes. Dans cette optique, on n'envisage plus les terres isolées et peu peuplées comme des interstices à combler, mais bien plutôt comme des chances. 

* "Où sont les seins de glace et les lièvres de Pâques?"
En 2017, Bertrand Brugalat sortait son neuvième album intitulé "les choses qu'on ne peut dire à tout le monde". Touche-à-tout talentueux, le chanteur-compositeur creuse, depuis 1995, un sillon musical profond au sein de son label Tricatel. Ici, foin de "prêt-à-écouter", mais des chansons habitées, originales et sincères, garanties sans adjuvants. Escapade en train dans une France périphérique, son dernier disque s'avère particulièrement réussi. 
 "Mesdames et messieurs dans quelques instants notre train intercité desservira la gare d'Argenton-sur-Creuse". Dès les premières notes, le décor est posé. Nous sommes au cœur de la "diagonale du vide". Dans une entretien accordé à soul-kitchen.fr, Burgalat revient sur le genèse du titre: "Je ne connaissais pas cette expression. L'instrumental existait depuis un moment. Mathias [Debureaux] devait me faire des textes. En discutant au bureau je lui évoquais ma fascination pour la ligne de train Paris-Toulouse. Elle fait partie de ces lignes que la S.N.C.F. a totalement abandonné. [...] Cette ligne, qui débute pour moi à Vierzon et qui finit dans le Lot est très poétique. Je ne voulais pas la traiter de manière condescendante. C'est pour cela qu'il y a des clins d’œil fantasmagoriques. [...] Cette France du milieu est très intéressante."
Dans cette "bande de territoire à faible densité", il est parfois  l'absence de réseaux combiné à la dégradation de la desserte ferroviaire, rendent les communications difficiles, puisqu'il y a "zéro signal dans [la] diagonale". Alors, pour assouvir un " désir à forte intensité dans le désert français", quoi de plus romantique que de se retrouver sur le parking d'un carrouf'? Exprimé ainsi, cela ne fait pas rêver, mais sous la plume de Matthias Debureaux, la poésie surgit:" Elle m'a donné rendez-vous sur le parvis  / D'une nouvelle cathédrale de la consommation Elle m'a dit,  / "Tu verras scintiller son fronton / Un poing américain serti dans un néon".
Le couplet suivant décrit un territoire en déshérence, celui "des rideaux de fer", des "clocher[s] disparu[s]", un monde marqué par l'extinction des "feux de bûcher" de la Saint-Jean, par la disparition des vieilles fêtes rurales populaires au cours desquelles les villageois élisait des "Reines de mai" afin de veiller sur les plantations. A la place, il n'y a "aucune ville aux environs, aucune voile à l'horizon", "il n'y a que la pluie, le vent et ses officiants" .


 

Bertrand Burgalat:"Diagonale du vide"
Une bande de territoire à faible densité
Une beauté locale sur un écran tactile 
Des femmes sans homme rêvent d'enfants, de forêts
Désir à forte intensité dans le désert français 

 Elle m'a donné rendez-vous sur le parvis 
D'une nouvelle cathédrale de la consommation 
Elle m'a dit, 
"Tu verras scintiller son fronton 
Un poing américain serti dans un néon"

Refrain:
Zéro signal
Dans ma diagonale
Zéro signal
Dans ma diagonale

Aucune ville aux environs 
Aucune voile à l'horizon 
J'entends sonner les cloches d'un clocher disparu
 Disparu Disparu 

Où sont les seins de glace et les lièvres de Pâques, 
Les reines de mai et les feux de bûcher? 
Il n'y a que la pluie, le vent et ses officiants 

Refrain

Une bande de territoire à faible densité 
Des bases de loisirs et des rideaux de fer
 Un silence absolu, sauf le bruit de mes pas 
Sur la matière lumineuse qui me gicle dans la peau 
Je lis ces mots en lettres de lithium:
"Sans rancune, et à bientôt" (5)

Refrain

Notes:
1. En 1826, dans sa Carte figurative de l'Instruction populaire de France, le baron Dupin trace une frontière entre deux France? Une "France éclairée" au nord dont les habitants sont plus instruits tout de blanc sur la carte et une "France obscure", grise et noire. «Remarquez, à partir de Genève jusqu'à Saint-Malo, une ligne tranchée et noirâtre qui sépare le Nord du midi de la France.» Les activités commerciales et industrielles prospèrent au nord de cette ligne qui constitue une "France éclairée" dont les habitants possèdent un meilleur niveau d'instruction que dans la "France obscure" au sud.  
La carte de Charles Dupin (1826) [Wiki C.]
Dans les années 1950, cette ligne pourtant effacée par la scolarisation obligatoire et les mouvements migratoires s'impose comme "un sésame pour la démographie historique" (source E: A. de Baecque)
La ligne Le Havre-Marseille connaît quant à elle une grande popularité dans la géographie du XXe siècle. Cette ligne oppose " une France de l'est et du nord industrielle à une France de l'ouest et du sud plutôt agricole ou, plus simplement opposant rurale et beaucoup moins dense". (source F: G. Fumey
A la faveur d'une étude sur l'Europe occidentale, Roger Brunet distingue une "banane bleue" au niveau de ce que l'on nomme aujourd'hui la "dorsale européenne"... Passe encore pour la banane dont cet espace a un peu la forme, mais bleue!!! Les géographes ont décidément une imagination débordante... à moins qu'ils n'abusent des substances psychotropes...
2. On assiste ainsi depuis une trentaine d'année à un phénomène de rurbanisation avec l'installation dans l'espace rural d'habitants venant des villes: les néo-ruraux.
3. Le solde migratoire positif de ces zones (en particulier dans le sud-ouest) s'explique souvent par l'installation de populations retraités en quête d'une meilleure qualité de vie. Aussi, il faut bien garder à l'esprit que cette reprise démographique lié à l'arrivée de personnes relativement âgées de devrait pas être pérenne à long terme. "Plus que d'un renouveau, il semblerait pertinent de parler d'un rebond". [cf Oliveau et Doignon: source B] "Il y a bien une économie résidentielle (Davenzies, 2009) qui se développe, mais elle est directement liée à la survie des nouveaux arrivants."Aussi très vite, "la décroissance démographique peut reprendre, particulièrement lorsque le changement résulte de migrations de personnes âgées."
4. Dans ces conditions, les élus s'emploient à faire sortir leurs circonscriptions des zones blanches avec l'arrivée de l'Internet à haut-débit.
5. Dans un entretien accordé à soul-kitchen.fr, Bertrand Burgalat explique: Cela finit "Sans rancune à bientôt"... Comme le groupe A.Z.F. qui voulait racketter l’État. Officiellement on ne sait pas qui sait. Ils avaient mis des bombes sur cette voie ferrée et voulait une rançon. Comme ils n'avaient pas l'air trop bête, ils avaient compris qu'il y aurait des traceurs. A la fin, ils ont abandonné avec ce communiqué irréel qui terminait ainsi "Sans rancune, à bientôt". Ils discutaient avec les autorités via les petites annonces de Libération. A l'époque, ça m'avait intéressé. La première bombe avait été placée à Folles [au nord de Limoges]. Mathias a fait le texte. J'ai voulu faire rentrer ce texte dans une mélodie qui n'était pas prévue pour ça. Cette France du milieu est très intéressante.
Liens: 
- Source A. Diagonale du vide dans le glossaire de Géoconfluences.
- Source BSébastien Oliveau et Yoann Doignon, « La diagonale se vide ? Analyse spatiale exploratoire des décroissances démographiques en France métropolitaine depuis 50 ans », Cybergeo : European Journal of Geography [En ligne], Espace, Société, Territoire, document 763, mis en ligne le 20 janvier 2016, consulté le 31 janvier 2018.
- Source C: Une page consacrée aux faibles densités dans l'Atelier d'HG Sempai, une ressource fabuleuse pour les professeurs d'histoire-géographie (et les curieux en général). 
- Source D: Olivier Milhaud: "La France des marges", la documentation photographique n°8116, 2017. 
- Source E: un article savoureux d'Antoine de Baecque sur la mythique "saintmalogenève": "Nord premier, Sud primaire".
- Source F: Fumey G., 2009, "la France en diagonales", Café-géo.net, Vox Geographica.
- La géothèque: "le retournement démographique des campagnes françaises

Liens: 
- D'autres titres consacrés au monde rural abordés par l'histgeobox: "Marly-Gomont"de Kamini, "la montagne" de Jean Ferrat, "Chacun vendrait des grives" de Jean-Louis Murat,
- La page Wikipédia consacrée à la diagonale du vide.
- Le site officiel de Bertrand Burgalat et son dernier album "les choses qu'on ne peut dire à personne" en écoute.
- http://www.liberation.fr/france/2017/12/18/rural-en-rade-periurbain-en-regain-metropoles-inegales-le-barometre-des-territoires-a-parle_1617491